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(La derniere partie de cette nouvelle. Comme d’habitude, je vais attendre une semaine ou deux avant de la relire, de la corriger et de mettre en ligne la version finale.

Unwept)

Nouvelle date (X + 13, juin)

Apparemment il est encore possible de rire quand il ne vous reste plus rien d’autre. Quand tout est fini, quand même le dernier soupçon d’espoir vous a été enlevé et qu’il ne vous reste plus qu’à survivre tant bien que mal pendant les longues années qui s’annoncent. Quand vous avez fini de pleurer, même, vous êtes toujours capable de rire. Je ne sais pas pourquoi.

J’ai été la première à recevoir confirmation de la nouvelle. Oh, je m’étais bien rendue compte que quelque chose n’allait pas ; je patrouille aussi après tout. J’avais remarqué l’activité fébrile, désordonnée, paniquée même dont ils faisaient preuve. La violence aussi, encore que chez eux la violence soit un état de fait, la réaction habituelle à tout ce qui se passe. Mais c’était là une violence désorganisée, non coordonnée, bien différente des affreux rituels dans lesquels ils se complaisent quotidiennement. Encore qu’il ne fasse aucun doute que cela changera bientôt et que nous n’auront pas longtemps à attendre avant de voir nos petits Aztecs du 21ème siècles retourner à leurs sacrifices et bains de sang rituels avec un fanatisme redoublé.

Mais pour l’instant ce n’était pas le cas et la panique semblait régner en maître. Alors je suis rentrée plus tôt que d’habitude, pour lire les premiers rapports qui, je le savais, devait déjà s’accumuler sur mon bureau. Et en marchant de par les rues, sous la belle lune de juin qui éclairait si bien tous les recoins, je ne pouvait m’empêcher de noter l’absence toute nouvelle des petites silhouettes qui d’habitude courent et bondissent partout dans le Premier monde.

J’écris ceci dans mon bureau, les rapports dont je parlais sont en face de moi sur ma table de travail. Dans quelques heures, j’irai contacter les quelques chercheurs, les quelques physiciens sur lesquels je puisse encore compter. Je n’ai aucun doute qu’ils confirmeront ce que je sais déjà.

Une autre Séparation. Le Premier monde est désormais le deuxième, je suppose. Et oui, mes enfants, l’univers a subi un nouveau spasme, sans doute de révulsion à vous observer chaque jour, et il vous a enlevé vos enfants à vous. Je ne peux pas dire que j’en soit désolée. Vous ne les méritiez pas. Bien fait pour vous.

Sales gosses, va ! Sales gosses…

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